Samedi 14 novembre 2009
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17:16
Tout commence dimanche 27 juillet à Hyères où je rejoins
Olivier pour une traversée en voilier.
Quel plaisir de retrouver les îles d'or
Comme c'est mes débuts sur un voilier, on fait quelques bords pour m'habituer aux différentes parties du bateau et des manoeuvres. Un rêve de gosse qui se réalise!!!
Quelle sensation extraordinaire de glisser sur l'eau sans un moindre bruit

Le soir, le soleil se couche dans une atmosphère féérique : on est à la pointe du langoustier, à Porquerolles; c'est le calme incroyable dans une douceur parfaite...
Je resterai de longues heures couché sur le pont avant du bateau à compter les dizaines d'étoiles filantes vues, dans un ciel archi-étoilé, loin de toute pollution "lumineuse"

Lundi, les prévisions météo sont moyennes (fait trop chaud!!!)... A part un thermique, peu de vent annoncé : on se contente de qq bords
jusqu'à la plage Notre Dame - toujours à Porquerolles.
L'eau est à 27°... y a pire 
La plus belle plage de la côté d'Azur

Mardi midi : la traversée est lancée...
Sous le spi

Enorme cadeau le soir-même : par 3 fois nous croisons des dauphins - même aperçu le souffle d'une baleine ...
Quelques uns viendront même jouer avec nous... extra!!!

Et les couchers de soleil sont toujours aussi magnifiques...

On attend finalement la Corse le mercredi soir. Le vent s'est nettement ramoli durant la nuit, qui m'aura gratifié d'un spectacle
extraordinaire : lors de mon tour de garde (2h-6h), j'ai pu assister à la remontée de milliers de crustacées et de méduse, devenant lumineux lors du contact de la coque du bateau. Quel
émerveillement de voir briller la mer de milles feux dans la trainée du voilier.
La belle île

Après une dernière nuit sur le bateau, direction Ajaccio, jeudi, où j'attaque "l'aventure" à l'intérieur des terres.

Départ en train pour Tattone à 16h.
A peine arrivé, je décide de rejoindre le bord du Vecchio pour une nuit de bivouac.
Après 1h30 à batailler dans une végétation repoussante (quelle idée j'ai eu de vouloir "couper"!!!), j'arrive enfin au bord de la rivière.
En descendant un peu, je fais fuir plusieurs poissons (que des riquettes) dans chaque trou... c'est de la folie!!! y en a partout 
Malheureusement, il est déjà trop tard pour sortir la canne... Et après une bon bain dans une eau rafraichissante, il est temps d'installer mon hamac pour la nuit!!!
Je trouve un bel îlot bien surélevé qui m'évitera les conséquences d'un coup d'eau et les visites des sangliers

Vendredi : réveil à 5h30!!! Vite on va faire le coup du matin 
J'ai un peu de mal : sont rapides les coquines...
A chaque trou c'est systématiquement une montée : incroyable!!!
Par contre, pas le droit à l'erreur : un raté & le trou est "mort"

Une des princesses des lieux :

Vers 7h30... j'arrête - y a plus rien 
Il faut qd même que j'essaie de respecter mon itinéraire : je dois rejoindre le refuge de la Pétra Piana l'aprèm.
Malheureusement je ne résiste pas très longtemps. Et après avoir récupérer du pain & un saucisson dans une ferme du chemin. Je me remets très vite à pêcher...
Comment faire autrement dans ce cadre magnifique? 

Le temps passe aussi vite que les prises se succèdent et vers midi, il est grand temps de continuer ma remontée... J'ai peur qu'il y ait trop de monde au refuge &, en plus, j'aimerais vraiment
voir à quoi ressemble le lac de Belledonne.
De temps en temps, on croise ce genre de chose, en totale liberté... génial

Le refuge est tout là-haut!!! Fait une chaleur incroyable pour de la montagne : j'pense qu'on dépasse très très largement les 30°

Mais arrivé là-haut, la récompense est à la hauteur de l'effort 

Seul regret : je n'ai pu voir le lac de Belledonne... Le gardien n'étant pas là à mon arrivée (15h), je n'ai pris le risque d'enchaîner la montée : y avait vraiment bcp bcp de monde au refuge &
je me voyais mal passer la nuit dehors (fait qd même super froid la nuit!!!).
De toute façon, enchainer avec 600m de dénivelé + en plus après les 1200+ de la journée, c'était hot!!!
Le soir repas traditionnel du montagnard :

Samedi : re-réveil à 5h30... départ pour les lacs du Melo & du Capitello.
Les jambes ont bien récupéré et je me fais un malin plaisir à "fumer" qq randonneurs bien bruyants la nuit...
Arrivé au col, le Melo au premier plan ; le capitello au second

J'coupe un peu le GR20 et la descente vers le Mélo devient bien freeride : comme je les adore 
On est quand même en montagne - un reste de l'hiver

Le mélo, vue de plus prêt

Côté pêche : bin, c'est comme en rivière... y a plus rien 

Vers 14h, après une 'tite pause déjeuner et devant la forte affluence, je décide de monter au Capitello.
Le lac est situé 200m plus haut que le précédent.
Dernier regard sur le Mélo et sur le tracé "freeride" pris le matin - en gros c'est pile dans les barres rocheuses 

Le Capitello alimente la Restonica et est tout simplement magnifique
On voit les poissons par plusieurs mètres de fond (parfois 7-8m), l'eau est d'une clarté allucinante

Je ne suis pas le seul à profiter du spectacle : les voyez-vous?

D'ailleurs c'est le 1er réflexe que j'ai eu en voyant cette immense dalle : t'ain de rappel que ça doit être, le pied absolu!!!
D'un peu plus prêt 

Là aussi le temps passe trop vite... peu de prises mais il y avait une autre magie dans ce lieu.
Il est trop vite 17h & je dois redescendre dans la vallée pour trouver un lieu pour dormir le soir.
Un dernier souvenir...

La descente est freestyle : je saute de rochers en rochers ; je me sens heureux comme un gamin de 10ans & malgré le poids du sac, "j'débaroule" la montagne en un rien de temps.
Arrivée à la bergerie de Grotelle, je m'arrête chez le berger du coin pour refaire le plein de pain, saucisson et formage. En le questionnant sur un éventuel logement dans le coin, il me propose un
cabanon pour qq euros : génial!!!

Et ce qui l'est encore plus, c'est qu'il est à peine 18h30 & que j'ai toute la soirée pour tenter la rivière qui coule juste à qq mètres.
Là, y a encore moins de poissons que la veille
- certes que des riquettes, mais comme
jamais vu... Chaque trou (parfois de 50 cm²) recèle au moins une truite.
Il suffit de sauter de rocher en rocher & d'affiner son approche pour en toucher une.
En plus, l'air est incroyablement doux & la montagne respire la sérénité retrouvée...
Je suis seul au milieu de la vallée et le plus heureux du monde

Merci mesdemoiselles

Et la soirée se finit comme d'habitude 

Dimanche : re re réveil à 5h30... C'était tellement bon la veille que je n'ai pu m'empêcher de faire un dernier coup du matin...
La montagne se réveille doucement : magique!!!

Après un bon 'ti dèj, je remonte un ti peu pour retourner au parking dans l'idée de trouver un véhicule qui voudrait bien me ramener à Corté (à env 15km de la bergerie).
En effet, la veille, j'avais repéré des minibus qui effectuent la liaison pour les randonneurs.
Après une petite discussion, un chauffeur accepte de me redescendre jusqu'à Corté 
Et là, je vais vivre un épisode que je ne suis pas prêt d'oublier :
En fait, je me retrouve avec le chauffeur & 2 autres employés de la même entreprise dans le minibus. Notre chauffeur à la cinquantaine bien portante et est un boute-en-train. Il passe plus de
temps à parler & à rigoler avec ses collègues, qu'à regarder la route. Pourtant la chaussée fait 3m de large max & y a des ravins de partout. En plus, on croise plein de voitures qui
montent. A chaque fois ça passe à 2cm du vide & à 2cm de la voiture... Mais ça ne l'inquiète pas plus que ça!!!
3ème virage : On manque d'envoyer une moto dans le fossé... C'est vrai qu'il était sorti un peu large, le motard 
Un peu plus loin : un allemand, dans une immense béhème toute neuve, manque sa marche arrière & fait craquer son aile contre une pointe rocheuse... 
Dans le car, c'est fou-rires sur fou-rires ; et vas-y de toutes les anecdotes... Evidemment, je ne peux m'empêcher de rigoler.
Qq hectomètres plus bas : sur une enième manoeuvre manquée de la voiture arrivant en face, la femme accompagnant le pauvre automobiliste sort subitement de la voiture et se met à pourrir son mari,
devant nous, sur sa manière de conduire ... Il n'en fallait pas plus pour que l'ambiance prenne encore des tours dans le bus
Mais le clou du spectacle se produit un peu plus tard : on croise un nouvel automobiliste. C'coup-ci on est coincé : ça passe pas... La route est vraiment étroite & on y voit vraiment rien. Du
coup l'automobiliste - un touriste étranger avec une voiture de location - fait une longue marche arrière : vraiment pas évidente ; ça passe prêt du ravin, de la paroi rocheuse, c'est plus que
chaud mais il s'en sort plutôt pas trop mal - au bout de 2 bonnes minutes. Lorsque nous passons à côté, je pense que not' chauffeur va le remercier.
Et il entame effectivement la conversation:
- Bonjour, vous montez au lac?
- oui lui répond l'automobiliste, encore un peu pâle de sa manoeuvre
- C'est pas la peine...
- Ah bon? s'étonne-t-il, pâle & inquiet sur le coup
- Bin oui... ils l'ont vidé
- Vidé??? répète quelques fois notre touriste, visiblement de plus en plus inquiet et livide
- Bin oui... ils sont entrain de le laver... c'est pour que l'eau reste clair... vous comprenez, pour les touristes
Je ne vous explique même pas l'explosion de rires, à ce moment, dans notre bus. C'était limite pipi culotte pour tout le monde :arf:
Bref après une demi-heure de franches rigolades, j'arrive finalement à Corté... presqu'un peu déçu de quitter mes chauffeurs.
L'après-midi même, je dois me rendre à Bastia, pour rejoindre le couvent où je dois dormir le soir.
En allant vers la gare, je jette un dernier coup d'oeil... t'ain, mais c'est pas possible

Le parcours en train me fait découvrir encore plein de cours d'eau... Tous plus beaux les uns que les autres
C'est sûr, je reviendrai... vite... très vite ; longtemps... beaucoup plus longtemps ; et toujours à l'aventure totale : c'est trop bon!!!! 
A prestu la Corse
Par jehemiel
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Publié dans : Evasion
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